Entrevue avec Diane Bussière

Comment as-tu été plongée dans la pratique du sport d’endurance?

Lors de la première édition du marathon des Deux Rives, en août 1998, je faisais partie d’une équipe et je devais courir 12 km. J’étais tellement entraînée que mes amis coureurs m’ont conseillé de faire la distance au complet. Alors, j’ai donné mon bracelet à mon équipier et j’ai fait le marathon au complet. Voilà le début d’une belle aventure.
En octobre, la même année, je fais le tour de l’Île d’Orléans. J’ai rejoint Gerry au 50ième km et nous avons fait un bout ensemble. L’heure avançait, alors à 5 km de la fin nous avons décidé d’arrêter de courir. Suite à cette « performance », selon Jean-Pierre Morin, je pouvais espérer faire un ironman. Vous devinez ! Il m’a fait des entraînements à partir de février 1999 pour faire le ironman de Montréal en août 1999. Et depuis, je poursuis ma route en endurance.

Comment vis-tu l’entraînement dans ton quotidien?

Depuis 1998, tous mes entraînements sont écrits. Je termine bientôt mon troisième livre. Le dimanche, je prépare ma semaine. J’essaie de concilier travail à temps plein, déléguée syndicale à l’école et quelques comités. C’est parfois tout ce qui déborde des entraînements que je trouve difficile à gérer, la maison à entretenir, pelouse, jardin, etc. J’accorde du temps à l’entraînement, mais je n’oublie pas ma famille et mes amis, car c’est très important pour moi. Pour préparer mes entraînements je suis les conseils des gens avertis et mes expériences précédentes… c’est la meilleure école.

Que retires-tu de la pratique de ce type d’activité?

Je retire une grande satisfaction en ce qui concerne ma condition physique. N’ayant plus 20 ans, je suis très fière de ce que j’accomplis. J’aime être à l’extérieur, pour moi, toutes les saisons sont merveilleuses. Alors mes longues courses et randonnées à vélo me comblent à ce niveau.

T’arrive-t-il d’être démotivée? Que fais-tu dans ce temps là?

Quand j’y pense bien, c’est l’entraînement qui me motive à faire tellement de choses dans une journée. Ça donne de l’énergie. Si un entraînement est plus difficile ou moins agréable, oups!!! j’écoute mon corps et je me parle. J’analyse ce que j’ai fait dans la semaine et souvent j’ai ma réponse.

Peux-tu nous raconter ta plus belle expérience sportive? Et la pire?

Mon CV sportif comporte plusieurs sortes d’épreuves tels que : marathon, ultra-marathon, défi de vélo Ottawa – Valleyfield, Ottawa – Kingston plusieurs fois, triathlon, demi-ironman, ironman, pentathlon des neiges, duathlon de Tracy, 24 heures de ski, organisé par le club Tri-action en 1999, le marathon canadien de ski et le fameux Rockman. Je n’ai que de beaux souvenirs de toutes ces épreuves. C’est certain que j’ai des moments privilégiés. Courir dans le désert en Tunisie, la finale du marathon de Prague, la foule de 33 000 coureurs à Paris où Réjean, Michel et moi-même nous nous sommes perdus au premier point d’eau, sans oublier le 24 heures de ski en présence de Phil Latulippe. Un coup de cœur également, mon premier marathon à Boston en compagnie de Michel G. et Raymond A., tout le monde me disait « Savoure-le, regarde autour de toi… » C’est ce que j’ai fait avec un chrono de 3h 35. Cette année là, j’ai fait 3 marathons en 1 mois et le 3e était le meilleur avec 3h31 à Charlo au Nouveau- Brunswick.

L’ultime épreuve… ouf !!! Le marathon Canadien de ski en 1999. Un parcours qui n’était pas toujours facile, skier 160 km et plus pendant 2 jours. Lorsque que j’ai réussi ma médaille de bronze, Michel Maranda et Jean-Pierre Morin étaient de la partie. Un souvenir gravé pour Jean-Pierre et moi-même, nous en parlons encore aujourd’hui. Dans une pente très abrupte et glacée, Jean-Pierre me suivait et voyait bien que sur la glace je n’arrivais plus à contrôler mes skis, j’allais frapper un arbre mais j’ai eu un réflexe de me pousser avec ma main sur le tronc de l’arbre pour me replacer dans la piste, c’était digne du cirque du soleil ‘Quelle cascade’. Je n’ai pas mis cette activité dans ma filière tiroir numéro 13, à suivre….

Où tes limites? Les as-tu atteintes?Veux-tu les atteindre?

Mes limites…j’aime essayer des nouvelles épreuves et par le fait même je pousse plus loin l’expérience. J’ai en tête le 24 heures de course en 2006 à Drummondville. C’est Serge Richard, un ultra-marathonien, un ornithologue, un écrivain et un gars très sympathique qui m’a encouragé. Faut croire que j’ai aimé l’expérience, j’ai participé au championnat mondial du 24 heures en 2007 à Drummondville. J’ai d’ailleurs dépassé mon objectif qui était de 140 km , j’ai couru 150 km. Quelle fierté!!!

Quels sont tes projets à courts et longs termes?

Un projet à court terme c’est de dépasser le 150 km de course et si possible bien bientôt. Mes projets à long terme, continuer de courir avec autant de plaisir qu’aujourd’hui et d’agrémenter le tout avec quelques voyages à travers le monde.

Parle- nous des amitiés que tu as développées à l’intérieur de ta pratique sportive?

C’est un des aspects que j’apprécie, les gens qui m’entourent. J’ai rencontré des personnes tellement motivantes et encourageantes et je peux vous dire que j’ai un fan club. La gang du 100 km en juillet au triathlon de Lévis, j’ai toujours hâte de les revoir. Je parlais précédemment de Serge Richard, il est devenu un ami et une source de motivation pour moi.

Si c’était à refaire, referais-tu le même parcours sportif?

Mon parcours sportif me plaît beaucoup et je n’ai jamais pensé faire autrement, je n’ai aucun regret et je revivrais la même chose sans hésitation.

Quels conseils aurais-tu à donner à quelqu’un qui veut se lancer dans l’ultra-distance.

Tout d’abord, d’avoir un plaisir à faire les choses, si ça devient une corvée, oups!! Il faut se fixer des objectifs réalistes au départ et les résultats vous amèneront plus loin. Les gens qui ont un horaire chargé, vous pouvez fractionner vos entraînements, ex :une journée vous devez courir 3 heures, alors vous pouvez faire 1 heure le matin et 2 heures le soir, l’effet est aussi bénéfique qu’un 3 heures consécutifs avec moins de risque de blessures.

IL NE FAUT JAMAIS DIRE JAMAIS!!!

Questions: Tommy Lemay
Réponses: Diane Bussière





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